|






| |

PPM N° 54 juillet 1993
Jean-Michel Martine
L'Opium est
une voile dont le projet a vu le jour en juillet 92. Son concepteur est
Jean-François Champanhet, collaborateur permanent de la société Luba. Luba, à
l'écoute des futurs clients n'a pas hésite à faire circuler quelques prototypes.
Cet essai a été réalise à Aussois (décollage
"Chalet 2000" à 2100 m, atterrissage "La Charrière" a
1450 m, pression atmosphérique 877 millibar)
Le modèle qui nous a été confié est ('Opium 27 .)
L’Opium
est livrée avec un sac de chez Bouilloux, agréable et pratique au portage, ceci
commence à se généraliser; il faut saluer l'effort du constructeur sur ce point.
Autre démarche de Luba, cette voile sera livrée avec la sellette Bouilloux
Protech ABS, avec coque. Le prix de l'ensemble est de 18500 francs. L'Opium est
une voile sobre avec un design des plus classiques. L'intrados et l'extrados
sont en deux couleurs (rose/jaune ou jaune/ bleu etc...), l'extrados est en
lamine polyester retourne à l'intérieur du profil. Trekking utilise ce procédé
avec succès, les utilisateurs apprécieront. En intrados, le L du Luba est
utilise comme logo (a ne pas confondre le logo Firebird qui lui ressemble).
Le bord d’attaque est
alimenté par écopes qui s’effilent vers l’extérieur, fermées sur les extrémités :
les nervures sont renforcées légèrement sur
la partie basse, ce système permet très certainement
des abattées moins conséquentes. Il suffit pour cela d'accélérer
sérieusement, ou bien d'effectuer des ressources en observant le bord d'attaque
qui s'écrase légèrement en amortissant ainsi l'amplitude des balanciers ou de
l'effet pendulaire.
ll sera de
même en sortie de décrochage. Le suspentage de type Kevlar Superaram au diamètre
de 1,3 mesure 7 m; l'intrados dispose de 206 points d'attaches disposes sur 4
élévateurs. Les ramifications de liaisons
élévateurs/ intrados sont du type patte d'oie, untrois-deux, ce dernier
devra être vérifie correctement avant le décollage. La tringlerie de freins
suspentée finement devra aussi faire partie de votre prévol. Autre point qui se
généralise, la commande de frein coulisse
dans une poulie. Le travail de voilerie
simple
et sobre est une spécialité
de Luba, le
profil présent donne
peu de plis
disgracieux. L'Opium a bel
L'Opium
fait partie de ces voiles qui ne nécessitent aucun artifice particulier, seul
son suspentage devra être vérifié. N’est pas
nécessaire de se placer sur le bord de fuite, on part suspentes
légèrement tendues, cela permet un bon centrage, toutes les voiles de la
dernière génération présentent un point commun sur ce chapitre. L'Opium
n'échappe pas à cette règle avec un léger mieux encore; si l'on prend deux
élévateurs, cette phase sur ce parapente est un réel plaisir, l'aile écope de
façon régulière et douce. Arrivée à la verticale une course régulière permettra
d'effectuer toutes les corrections nécessaires
ainsi qu'une vérification finale avant le décollage.
L'Opium fait partie de ces voiles nouvelle
génération stable sur axe et l'on est vite à
l'aise, un cran au-dessus des voiles intermédiaires/perfos que j'ai
essayées depuis un an. La vitesse max est de
36 km/h, à cette vitesse le taux de chute est de 1,7 m/s. La finesse
correspondante est de 5,8 à vitesse max (sans accélérateur).
Le taux de chute mini de 1,2 m/s s'obtient à 26 km/h (finesse 6),
l'effort correspondant aux commandes est de 3
kg. La finesse maxi est de l'ordre de 6,3.
C'est un parapente qui demande un peu d’attention, le pilote sera
un peu plus présent mais on est vite conquis
par l'éventail des performances de cette voile. La douceur des commandes
peut surprendre ainsi que leur débattement, avec l'accoutumance cela deviendra
vite un détail, la mise en virage de cette voile est des plus
classiques, on est surpris en thermique
par la facilite avec laquelle elle se cale
dedans, on est vite au plafond.
Le taux de chute reste intéressant dans cette
phase, toutefois il faudra rester vigilant en taux de chute mini. En inversion
de virage rapide, la voile peut partir en
négatif. Beaucoup de voiles présentent
cette particularité, c'est une phase que
l'on peut atteindre facilement sur tout parapente, chaque parapentiste
pilotant une voile de ce niveau ne peut se
permettre d'avoir des lacunes dans son pilotage, en
ignorant le point critique de cette phase de
vol ou de sortie du domaine de vol
de son parapente. L'Opium dans ce cas-la reviendra rapidement en
situation de vol par le simple fait de
relever les commandes, la voile est saine dans cette situation, qui ne
peut être obtenue que volontairement.
360°
: Aucun problème sur cette phase, la voile
atteindra rapidement 8 m/s, on peut compter sur cette évolution pour se
sortir d'une situation qui pourrait devenir critique, le profil semble bien
rester en pression, la ressource en sortie est net est sans problème.
Oreille : la traction sur une
ou deux suspentes, suivant l'importance que l'on veut donner a cette figure est
peu importante; la voile vole encore entre 29 et 32 km/h et le TC atteint 3,5
m/s environ. On peut lâcher les suspentes et reprendre
les commandes de freins, les oreilles restent en place. Le profil ne
reprend son aspect qu’avec une traction sur
les volets de freins.
B : La traction assez
importante donne un taux de chute variant de
5 a. 7 m/s. Il n'y a pas de phase parachutage à la sortie
de cette figure, l'abattée est faible, la
voile retrouve seule son domaine de vol.
Décrochage : Il faut un effort de 6 kg dans les
bras pour atteindre les 21 km/h qui vous
feront décrocher. Cela nécessite, avec un réglage de frein normal,
d'effectuer au moins un tour de main, l' effort à fournir est progressif et
devient rapidement important, la voile prévient par un
départ en arrière des bouts de plumes
avant de plier dans l'envergure, en relevant les commandes. L'abattée peu
conséquente permet de retrouver rapidement
son domaine de vol.
Comme beaucoup de constructeurs, Luba, avec son
concepteur Jean-François Champanhet, vient de faire un effort particulièrement
important dans ce créneau des voiles intermédiaires/performantes.
L'Opium livrée avec sac et sellette de haut
de gamme ne peut laisser indifférent, ses performances non plus.
|