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LE MESSAGER DU VENDREDI 30 SEPTEMBRE 1988 TOUTE LA REGION PARAPENTE:
Premier vol, premiers frissons On va courir jusqu'a l'herbe, la voile va se gonfler et nous tirer en arrière... a ce moment-la il faudra qu'on résiste tous les deux. Ensuite, au moment o6 je to dirai de courir, to courras. Mais ça va bien se passer, avec le vent qu'il y a, on ne devrait pas faire plus de deux ou trois pas ». D'une voix calme, posée, Serge Tuaz m'explique comment on va s'y prendre pour l'envol. En même temps, il s'affaire autour d'une ribambelle de fils, d'attaches, de cordes et termine de me ligoter. Cette fois, plus moyen de reculer. Je suis place au pied du mur... ou plutôt d'une pente de 1.000 m de haut. A cote de moi Serge Tuaz, quelques membres du club des Choucas, derrière moi une immense voile étendue sur le sol, devant moi... rien, le vide. Avant de m'harnacher, je suis aile faire un tour jusqu'au bord du trou. La pente descend vite et longtemps. Au fond, on entrevoit la découpe claire de la falaise. Moment d'appréhension, quand même, que celui du collage. Et un peu plus encore quand il s'agit d'un baptême. Nous sommes à 1.800 m d'altitude, sur le site du Pertuiset, l'aire d'envol du club des Choucas de Mieussy. A force de regarder depuis le village les voles multicolores se poser, a force d'interviewer les parapentistes, a force de vanter les mérites de cette discipline en plein essor, on en vient tout naturellement à avoir envie d'y aller soi-même, de faire le grand saut. On en parle avec les responsables du club, on décide de se téléphoner, le projet passe l'été, est relance avec l'automne et puis on se téléphone et c'est d'accord, rendez-vous est pris pour l'après-midi. Un peu tendu, je suis donc arrive sur le terrain d'atterrissage de Mieussy, j'ai vu Serge Tuaz se poser avec son client précèdent, je l'ai vu étaler la voile, la plier. Cette aile est fabriquée à Bonne-sur-Menoge, m'informe-t-il, chez Roger Bedouet. Elle mesure 42 m2 ». En matière de parapente, le matériel évolue de saison en saison. La toile que plie le pilote n'est plus construite avec des a caissons » mats est constituée de 22 alvéoles : on gagne encore un peu de souplesse, de fiabilité. Ensuite, on charge tout dans la voiture, on monte jusqu'a la station de Sommand et même un peu plus haut. Il faut encore marcher un petit quart d'heure avant d'atteindre l'aire d'envol. Elle n'est pas difficile a trouver : ils ont été tellement nombreux depuis dix ans a gonfler leur voile et a se lancer dans le vide que l'herbe ne pousse plus. Devant nous, un stagiaire écoute les derniers conseils prodigues par un moniteur des Choucas. Ce doit titre une des premières fois qu'il fait le grand saut. Pour faire taire son appréhension, il peut se répéter qu'il est encadré par une équipe parfaitement qualifiée pour le guider. Avant de monter jusqu'ici, il a répété longtemps les gestes de base d'abord sur une pente-ecole, puis a fait ses premiers vols sur des pentes de 200 a 400 m. Son collage sera surveille par un a pro ». Il lui fera d'ailleurs gonfler deux fois sa voile avant de lui donner le feu vent. Le type, sa voile bien étalée au dessus de lui se lance dans la pente, court un peu dans l'herbe... et s'envole. Pendant tout son voyage il sera pris en charge depuis le bas par un autre moniteur grâce au matériel radio fourni. A nous deux. Mon pilote a déplié la voile sur le sol, tire les suspentes. S’est occupe ensuite de me sangler. Voila encore une autre innovation par rapport au matériel en usage les années précédentes : nous volerons cote a cote. Jusqu'a pressent pour les vols en biplace, le passager été fixe devant le pilote et nettement plus bas que lui. Décollage et atterrissage 6taient deux moments délicats puisqu'il fallait synchroniser parfaitement tous les gestes. Serge Tuaz a résolu le problème. Il a utilisé tout l'été un nouveau système. A l'aide d'écarteurs », il a pu installer deux sellettes cote à cote. Le nouveau parapente biplace est désormais plus sûr qu'avant : les deux passagers sont au même niveau. Ils décollent donc ensemble, atterrissent ensemble et l'un comme l'autre peuvent diriger la voile. L'engin est aussi plus confortable :
AVANT LE DÉPART, LE PLIAGE DE LA VOILE : UNE OPÉRATION MÉTHODIQUE. (Cliché Messager) |