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Annemasse. Le berceau mondial du vol de pente, va connaitre une nouvelle coupe
d'Europe, la troisième du nom. A Mieussy, du 22 au 24 et, 20 équipes françaises,
belges, suisses, allemandes et hollandaises tenteront de réaliser les meilleurs
atterrissages. La précision d'atterrissage, comme pour le parachutisme est
l'élément fondamental de la compétition.
Tous les vélipentistes, comme les appellent les puristes, s'élanceront de la
pointe de Pertuiset (1 700 m) qui domine la vallée. Ils se poseront 1000 mètres
plus bas, en bordure du terrain de football, (ou depuis plusieurs années, cible
et binoculaire des « Choucas » le célèbre club de parapente, sont installés.
Les équipes nationales seront composées 'de trois vélipentistes chacune. Trois
équipes françaises sont d'ores et déjà connues :
Jean-Claude Betemps
et
Gérard Bosson, les « Ores » du parapente,
dirigeront les deux premières. La troisième sera menée par
Jean-François Baudey. On attend aussi des
concurrents de Pau, Castres, l'équipe de France de parachutisme, et les
militaires. De belles journées en perspective !
Les émules des Choucas
Depuis le1er juin 1978, date de fondation du club des « Choucas », le parapente
ou vol de pente, a largement acquis ses lettres de noblesse. Ils étalent deux au
départ, Jean-Claude Betemps et Gérard Bosson.... Ils sont maintenant quelque 1
000 adhérents !
Le club de Mieussy organise des stages de formation du 1er mai au 31 octobre. En
une semaine, les débutants apprennent a maîtriser les techniques de décollage,
vol et atterrissage. Au bout de dix grands vols, départ de Pertuiset, ils
deviennent eux aussi des « choucas » a part entière !
On peut pratiquer ce sport des 12 ans. En juillet, les championnats de France
des moins de 17 ans ont réuni 13 concurrents.
En sept ans, le seul club français a fait des émules un peu partout : en Alsace,
dans les Vosges et les Pyrénées, les passionnés laissent leurs voiles gonfler au
vent avant de s'élancer dans la pente. Cette technique constitue la différence
avec le parachutisme. Néanmoins, le vol de pente est rattaché à la Fédération
française de parachutisme.
Pourquoi ce sport connait-il un tel succès ?
Il demeure une pratique accessible a tous les parachutistes, et constitue pour
eux un moyen sérieux et peu coûteux d'entrainement. Un vol, navette de car
incluse, revient a 15 francs !
Les débutants ayant gagné, au fil des vols, leurs galons de parachutistes
confirmés pourront accéder aux sauts d'avion. Les conditions financières
d'engagement seront pour eux avantageuses. De les découvrir (l'élite de demain
des parachutistes, parmi les vélipentistes...
Comme Pierre Gevaux
Les parachutistes dans l'âme ne sont pas les seuls adeptes. Il y a aussi ceux
qui voient un intérêt certain, grâce a la rapidité.
Les secours rapides en montagne et les alpinistes pratiquent de plus en plus le
vol de pente, pour éviter les descentes longues. Pour redescendre a pied, ses
compagnons ont mis un jour et demi ! fatigantes et donc dangereuses.
Le plus bel exemple ? C'est celui que vient de réaliser l'Annemassien Pierre
Gevaux, «Choucas» lui aussi. Après avoir réussi l'ascension du Gasherbrum II
(8 035 m) dans ('Himalaya, il est redescendu au camp d'altitude en parachute Une
première mondiale, réalisée en... 4 minutes !
Mais au «Choucas» il y a aussi ceux qui apprécient de ne pas «tomber comme
une pierre», pour retenir le plus longtemps possible, dans leur bouche,
l'ivresse des montagnes (voir encadre).
Anne-Marie BESSON
La longévité" pour le plaisir...
Les records de longévité en vol de pente ne sont pas homologues pour ('instant.
Alors qu'un vol « normal » entre la pointe de Pertuiset (1 700 mètres) et
Mieussy (700 m) dure un petit quart d'heure, certains font durer le plaisir...
pendant des heures. Olivier Jousse réalise 1 h 24 minutes en mai. Gérard Bosson,
le 9 juillet tient 1 h 45 dans les airs. Richard Trinquier bat ce record le 11
juillet en 1 h 55. Le 12 juillet, Bedouet, franchit le cap des deux heures, 2 h
15 de vol, Richard Trinquier revient a l'assaut le 12 juillet 3 h 32.
Il bat son propre record le 13 juillet 5 h 20 I Du jamais vu ! Qui dit mieux ?
Par ailleurs, une nouvelle revue intitulé « vol libre », consacre sa « une » et
un important dossier au parapente de Mieussy. Il faut dire que loin des hommes,
et prés des cimes à Pertuiset ou ailleurs, le vol libre et le vol de pente
battent de l'aile à l'unisson.
A.M. B.
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